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Bonne fête à toutes les mamans !


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Souvenirs émus, hommage, partage… A l’occasion de la fête des mères, nos auteurs tentent de mettre en mots sur cette relation si particulière qui nous unit à celle qui nous a vus grandir sous son regard protecteur et qui, souvent, a influencé leur rapport aux livres et à la lecture.


Martine Marie Muller 
« O l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie… » Moi, je n’ai pas oublié ce début d’un poème de Victor Hugo, que j’avais fièrement recopié pour illustrer un de mes dessins, et qui avait fait pleurer ma mère. Je crois que pour moi, la fête des mères, ce sera toujours ces larmes. Je me souviens de mon ébahissement, de ma gêne et de mes regrets. « C’était une mauvaise idée », s’était dit la petite fille que j’étais alors, toujours soucieuse de plaire à une mère au caractère difficile. La fête des mères, ça n’est pas toujours le rire et la joie, mais parfois la révélation du mystère des êtres.
 
Sandra Banière 
Ma mère a été ma première libraire. Lorsque j'avais fini un livre et en voulais un nouveau, je me plaçais devant sa bibliothèque, et ma mère venait me conseiller en fonction de mes attentes, de mes goûts, de ce que j'étais en âge de lire... C'est ainsi que j'ai découvert des lectures aussi variées que passionnantes : le suspense d'Agatha Christie, des témoignages poignants de femmes, la saga des Rougon-Macquart de Zola... Le partage de nos coups de cœur littéraires est aujourd'hui mutuel, et toujours un moment unique qui nous enrichit.
 
Christian Laborie
Cette année, j’aurais pu fêter le centième anniversaire de ma mère. Le destin en a voulu autrement puisqu’elle est décédée à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
Dix ans déjà, et pourtant je ne me suis pas encore fait totalement à son départ !
Une maman reste au cœur des hommes comme une partie d’eux-mêmes. Plus qu’un souvenir quand elles ne sont plus. Plus qu’une image gravée dans le plus intime de leur être. Elle demeure un battement dans leur poitrine, un souffle de vie, une présence jamais disparue.
Une maman fait partie de l’âme de l’homme, car elle lui transmet la vie. Elle est le fond de sa conscience.
Quand j’ai commencé à écrire, il y a un peu plus de vingt ans, instinctivement, j’ai choisi une fiction dont ma mère était le personnage principal. J’ai raconté comment mes parents s’étaient rencontrés pendant la guerre, dans des circonstances très particulières. Peut-être parce que cela était plus facile pour moi de prendre comme personnages des êtres qui m’étaient proches et chers, et que je connaissais bien, mais aussi sans doute parce que, en les plaçant au centre de mon histoire, je les rendais ainsi éternels.
En réalité, je n’avais pas besoin d’écrire ce roman, car une maman ne meurt jamais dans le cœur de ses enfants.
Aussi, ce roman est et restera à jamais dans le tiroir de mon bureau, comme une œuvre inachevée qui a toute l’éternité pour s’accomplir.  
 
Anne Michel
Une pile de livres qui s'écroule près de la table de chevet : ça, c'est mon père. Une énergie incroyable qui dynamise toute la maison : ça, c'est ma mère. Ma mère qui, entre le bricolage et ses préparations de cours, trouve le moyen de corriger mes rédactions. « C'est trop long. Tu t'étales, tu n'as pas besoin de trois synonymes pour une seule idée ! » Les mots sont parfois rudes mais l'exigence est là, incitant à donner le meilleur de soi-même. Aussi, trente ans plus tard, c'est naturellement à elle que je demande de traquer, dans le premier jet de mon roman, répétitions, maladresses, verbiage. A chaque étape du travail, elle s'investit autant que moi, tâchant de formuler ses critiques avec délicatesse. Peu de compliments : on est pudiques, dans la famille. Mais juste ce qu'il faut de respect et de lucidité sans concession, pour me pousser à m'améliorer. Je dois beaucoup à mes parents, et notamment l'amour des mots. Mais je crois que de ma mère, je tiens le plus précieux : la certitude que rien n'est impossible, si on travaille suffisamment pour ça…
 
Karine Lebert
Parmi mes souvenirs d’enfance les plus marquants, il y a les mercredis matins consacrés à la bibliothèque. Ma mère lisait beaucoup – et elle continue! C’est elle qui m’a amené à la lecture. Je faisais provision de livres chaque semaine. À l’époque, j’aimais Oui-Oui et, un peu plus tard, je me suis passionnée pour les Alice au point de vouloir devenir détective ! Très vite, l’envie d’écrire est venue. Je rédigeais de petits textes illustrés. Vivant à la campagne et étant fille unique, la lecture m’a permis une évasion et une échappée salutaires. Ce n’est pas un hasard si je suis aujourd’hui romancière et j’en remercie ma mère.
 
Lyliane Mosca
Des mots pour maman
 
Depuis longtemps déjà tu n’es plus près de moi
Tu revis dans mon cœur, parfois dans mes romans
Je t’aime encore, tu sais, tu restes ma maman
Celle aux gestes d’amour doux comme de la soie
 
J’aimais tellement ton rire, ta gaieté, ton allant
Je vois tes yeux si bleus, profondeur d’océan
Le croirais-tu, maman ? Je reconnais ta voix
Qui chante à mes oreilles et me met en émoi
 
Tu restes mon modèle, et mon plus grand bonheur
Est de l’entendre dire, que oui je te ressemble
Et de me souvenir quand nous étions ensemble
 
Par-delà le miroir, j’entrevois la lueur
Elle éclaire la route que nous suivions ensemble
Où brille ton prénom, Violette, comme la fleur

Gilles Laporte
« France, mère des arts, des armes et des lois », a écrit Du Bellay.
Maman, mère sans fard, des larmes, de la joie… pourrais-je écrire aujourd’hui, à près de trois quarts de siècle du jour où tu me mis au monde.
Sans fard parce que ta vie d’ouvrière coula dans la transparence et la vérité d’une culture simple de travail quotidien dont tu étais fière, et de fraternité d’usine exemplaire.
Des larmes souvent secrètes en fin de mois difficile, ou quand ton garnement de fils explorait la vie dans des espaces dont tu redoutais les dangers.
De la joie toujours, avant ou après les larmes, parfois pendant… quand tu déposais sur la table familiale les beignets de cerises noires et, sur mon front, des baisers légers comme des plumes de mésange.
Maman, tu m’as transmis le Beau et le Bon, le grand et l’humble, le quotidien et l’éternité dans une vie que je tente de construire, aujourd’hui encore, à l’image de la tienne, courageuse et fidèle aux valeurs essentielles de notre monde.
Tu apprécieras, maman, j’en suis certain, que j’associe à ta mémoire celle de cette autre Femme que tu connaissais bien : ma première maîtresse d’école, Madame Jungen. C’est elle qui m’a rendu amoureux de notre langue.
C’est grâce à vous deux que j’écris. Mes livres sont les fleurs des graines que vous avez semées en moi.
C’est pour vous que j’écris, pour toutes les Femmes, toutes les Semeuses de tous les lieux et de tous les temps, pour vous rendre hommage chaque jour, chaque matin, quand monte la Lumière.
Toujours.
Je t’aime, maman.
Femme, je vous aime.

Dany Rousson
Lorsque les journées chaudes s’annonçaient, elles réapparaissaient sur ta peau plus chaleureuses que jamais. Ces baisers du soleil te rendaient radieuse comme une amoureuse comblée par son premier rendez-vous. L'enfant que j'étais te cherchait sans cesse du regard, toi si belle et rassurante. Tu étais tout à la fois. Celle qui me frictionnait dans la bassine en alu contre le poêle ronronnant lorsque le froid glaçait la salle d'eau. Celle qui coiffait avec douceur mes cheveux fins de petite fille. Celle qui me chantait à tue-tête un « pirouette cacahuète » à n'en plus finir. Celle qui glissait sur le carrelage de la cuisine mes patins à roulettes aux pieds secouée par un grand fou rire. Celle qui me serrait fort dans ses bras lorsque j'étais triste, embrassant mon front si tendrement... Aujourd'hui le temps a passé. Je t'observe avec bienveillance. Ni les marques du temps ni tes cheveux blancs ne terniront ce souvenir rayonnant d'amour. Tu étais chère à mon cœur d'enfant, tu es restée chère à mon cœur de femme, toi ma mèrette ensoleillée." 
blancs ne terniront ce souvenir rayonnant d'amour. Tu étais chère à mon cœur d'enfant, tu es restée chère à mon cœur de femme, toi ma mèrette ensoleillée.