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Interview de Karine Lebert à propos de Ce que Fanny veut...


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À PROPOS DE CE QUE FANNY VEUT…

L’idée de ce roman a germé quand j’habitais Paris. Je suis restée sept ans dans la capitale, dans le XVème arrondissement. J’aimais beaucoup flâner dans Paris et mes pas me guidaient souvent vers la butte Montmartre. Je connaissais en partie l’histoire de ce quartier voué aux peintres. Sous le charme bucolique des lieux, j’ai souhaité me renseigner davantage et réuni une documentation sur l’époque fin XIXe début XXe, période du livre. Comme dans tous mes opus, c’est le lieu qui a nourri l’histoire. A partir de là, j’ai imaginé le destin de Fanny, jeune fille pauvre rêvant de s’élever dans la société.
Mon héroïne est courageuse et volontaire. Elle possède aussi des défauts qui la rendent parfois agaçante mais le plus souvent touchante et irrésistible. Issue d’une classe modeste, elle n’a pas accès à la culture ; en revanche, c’est une personne pleine de charme qui fait tourner la tête des hommes. Sa réussite passera par eux, les épreuves jalonnant sa vie aussi.
Trois hommes traversent son existence et me permettent de décrire plusieurs milieux. La bourgeoisie avec le docteur Nathan Destel, personnage intègre qui protège Fanny. La noblesse avec Geoffrey d’Albéra, individu narcissique, tourné vers le plaisir et le tourbillon des fêtes propres à sa classe. Enfin, l’ami d’enfance de Fanny, Sam Mazodier, qui l’aime sans retour, et incarne la classe laborieuse.
Durant la Belle Epoque, les gens aisés aimaient observer des rites tels que passer la Grande Saison à Paris, se rendre en villégiature à Deauville où ils hantaient les casinos et pratiquaient les bains de mer, séjourner dans les villes d’eau et même se dépayser à la montagne l’hiver où j’évoque les balbutiements du ski. J’ai aussi porté une attention particulière à ce terrible fait-divers que fut l’incendie du Bazar de la Charité survenu en 1897 et qui fit plus de cent vingt victimes.
La vogue du Montmartre des peintres est évoquée avant que la mode de Montparnasse n’en ternisse l’éclat. En faisant de Fanny une nourrice dans le Beau Monde, j’ai voulu décrire tous les codes et usages liés à ce métier, à l’époque envié car la personne qui veillait sur les enfants occupait une place importante parmi la domesticité.
Enfin, j’ai fait évoluer dans ce livre un personnage fort de jeune fille puis de femme, qui ne gémit pas sur son sort mais décide d’agir afin de réussir sa vie malgré son extraction obscure. Une femme avec ses qualités et ses défauts, aussi attachante qu’irritante parfois car rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. Et ce que Fanny veut… à vous de découvrir si elle l’obtiendra !

Mes rituels d’écriture

Avant tout, le calme et l’espace de mon bureau, dans ma maison de la campagne normande. Souvent, un de mes quatre chats prend place sur mes genoux, ma chienne colley se couche sur le parquet. J’écris sur un ordinateur, face à la fenêtre derrière laquelle la nature s’épanouit. De préférence le matin ou en début d’après-midi, rarement en fin de journée et jamais la nuit. J’observe une certaine discipline en travaillant tous les jours quand je suis chez moi car je voyage beaucoup. Pour autant, je n’écris pas toute la journée, simplement quelques heures car j’ai besoin de sorties qui me nourrissent et enrichissent mes écrits. Et je lis aussi énormément, environ un ouvrage par semaine.


Mon plaisir de romancière

Même si je suis souvent en voyage en France ou à l’étranger, tout me ramène au plaisir d’écrire. Ainsi, ce sont ces séjours qui déterminent le lieu du prochain roman. Un coup de cœur pour le Vietnam a été à l’origine de La Dame de Saïgon, un autre pour la Touraine a donné corps aux Les Brumes de Vouvray. Mon esprit est toujours en éveil, prêt à capter un nouveau sujet susceptible de déboucher sur une histoire. Bien entendu, je n’écris pas dans la souffrance, sinon j’arrêterais aussitôt ! C’est un vrai bonheur de s’évader aussi par la création. Le temps passe très vite quand je suis en train de rédiger un roman.
Mon autre plaisir est le compte-rendu des lecteurs par le biais des messages envoyés via mon site, Facebook ou les mails. Je réponds à chacun. Et puis, bien sûr, les rencontres lors des dédicaces et des salons.

Mon parcours d’écriture

Après huit livres aux éditions De Borée et deux chez France Loisirs, je me sens toujours aussi passionnée, jamais blasée par tout ce qui arrive. Un nouveau livre est comme une nouvelle course pour un sportif de haut niveau qu’il doit gagner. Quand je pense à mon premier roman publié en 2009, je ressens une sorte de vertige ! Je continuerai à mettre en lumière les pays ou les régions que j’aime, à mettre à l’honneur des femmes de caractère, que rien ni personne ne peut contraindre. A l’image de toutes mes héroïnes précédentes et de Fanny.

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