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Interview de Michèle Castelli à propos de Rue Château-Payan et de Marie di Lola


Image de l'article Interview de Michèle Castelli à propos de Rue Château-Payan et de Marie di Lola
Michèle Castelli nous dévoile les dessous de sa grande saga familiale : Marie di Lola, une enfance corse (2014) et Rue Château-Payan (2015).
 


Marie di LolaMarie di Lola
Préface de Marcel Rufo
Un récit à la fois grave et solaire, qui raconte à la première personne une vie telle qu’on ne l’imagine plus à l’Ile-Rousse, en 1894.
Cette enfance corse, racontée avec fraîcheur, talent et vérité, en dit plus long sur l’île et son attente que bien des analyses savantes. Le Monde












RueRue Château-Payan
De l’île au continent, de l’exil à la découverte, des traditions à la modernité… Comment Marie Baldini, jeune insulaire, découvre avec surprise et émotion Marseille et le continent au début du XXe siècle.
Une ode généreuse à la famille et à la culture méditerranéenne.
 













Interview de Michèle Castelli

Quelle est la genèse de Rue Château-Payan, suite indépendante de Marie di Lola (Presses de la Cité, 2014) ?
Les lecteurs de Marie di Lola m’ont souvent demandé s’il y aurait une suite à cette histoire qui s’achève sur le départ de Marie pour Marseille en 1920. C’est ainsi que j’ai entrepris d’écrire Rue Château-Payan, dans lequel je raconte ce que furent l’exil, puis l’installation et la vie d’une famille corse, entre les deux guerres, dans cette grande métropole si proche et si loin de l’île natale.
A quarante ans, j’ai décidé un jour de raconter ma famille, de les « immortaliser » par écrit, sinon ils disparaissaient et le monde dans lequel ils vivaient, également.

Comment avez-vous procédé pour l’écriture de ce récit, très riche en anecdotes, en détails quotidiens, en émotions, en images et en couleurs de Marseille, dans les années 1920 et 30 ?
Je l’ai écrit en collaboration avec ma mère Jeanne, fille de Marie, qui avait une grande mémoire pour tout. Elle m’a aidée en me donnant de la documentation sur l’époque, en particulier sur le travail des marins et des navigateurs.

De toutes les femmes Baldini, solaires, vibrantes, qui entourent Marie, quelle est celle dont le parcours vous touche le plus ?
Elles sont si différentes et si complémentaires qu’elles donnent chacune une couleur indispensable à la communauté. Angèle, l’aînée, est très touchante car elle endosse pour ses sœurs et pour Jeanne la figure maternelle. De toute la fratrie, Pélegrine est d’évidence la plus libre, la plus émancipée tout en se montrant très sensible à l’esprit de famille des Baldini. Romantique dans l’âme, elle a vécu deux histoires d’amour malheureuses. Pragmatique, elle est en charge de la gestion de la famille.
Catherine, confinée dans son monde intérieur, est douce et rêveuse. Toutes ont travaillé dans l’atelier de couture de ma grand-mère Marie et chacune a été une maman « supplémentaire » pour Jeanne. Marie sera l’unique fille de Lola Baldini, à donner la vie. Elle seule aussi est parvenue à tout concilier : sa vie de femme, d’épouse, de mère et de couturière passionnée.

Enfin, Rue Château-Payan célèbre Marseille, ville d’accueil pour tant d’arrivants…
Oui, et dans les quartiers de la Plaine, « situés en hauteur » de Marseille, on vivait sur un mode villageois, comme à L’Ile-Rousse, mais au sein d’une grande ville. C’est en descendant vers la Canebière que l’on arrivait dans la grande ville. Et puis il y a toute la sensualité de Marseille, ses couleurs, ses odeurs, la chaleur méditerranéenne, ses habitants aussi, qui ne dépaysent pas Marie et ses sœurs…
 
Marie Jeanne
Marie et sa fille Jeanne (la mère de l’auteur) ©mccastelli


Avez-vous des rituels d’écriture ?
J’écris toujours à la main, avec un stylo noir. Comme je suis issue d’une famille de couturières, j’apparente mon travail d’écriture à celui d’un tricot, d’une broderie, ou d’une tapisserie. C'est-à-dire que je reprends mon ouvrage tel que je l’ai laissé. J’écris quand j’ai le temps, la tranquillité et la solitude nécessaires. L’écriture reste pour moi une activité ludique.

Vos auteurs préférés ?
Marcel Proust et Colette, et les auteurs japonais Haruki Murakami et Junichirô Tanizaki.

Que préférez-vous dans l’écriture ?
La recherche du mot précis et la surprise que provoque l’écriture. Les mots guident mon imagination.
Pour La Veuve blanche, mon unique roman, l’écriture elle-même a entraîné toutes les situations que j’ai inventées et les personnages que j’ai créés.