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" Je suis un ouvrier des lettres " Gilles Laporte


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Autour de L’Etendard et la Rose de Gilles Laporte
 


L’Etendard et la Rose, c’est l’histoire d’une vie, celle de Paul Delhuis, placée sous le signe de l’engagement et de la transmission. Des thèmes et des valeurs qui vous sont chers…
Je suis très attaché aux valeurs républicaines, à l’humanisme en général, à tout ce qui permet de développer des relations fraternelles, de porter un regard plus respectueux sur l’environnement et la vie.

Autour de Paul gravitent des figures féminines fortes, emblématiques, maternelles ou amoureuses, qui l’inspirent et le guident. Parmi elles, il y a Angèle, Nouchka, Chris, Lucie… Les femmes, source d’inspiration inépuisable ?
Plus qu’une source d’inspiration, car le féminin est essentiel pour moi dans notre monde. Ce sont les femmes qui transmettent les connaissances et les valeurs de référence en même temps qu’elles transmettent, bien sûr, la vie. Elles ont été, sont et seront toujours en charge, en plus de l’éducation des enfants, de l’élévation des hommes. C’est pour ces raisons que j’en fais mes personnages principaux. De grandes figures féminines m’inspirent : Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France en 1861, Louise Michel, Camille Claudel, Marie Curie, et j’ai un faible pour Marguerite Duras, militante, à sa manière, de la qualité littéraire en même temps que de la cause féminine.
Dans mes sources d’inspiration, j’ajouterai également les humbles, les petites gens, les ouvriers, les paysans, les anonymes qui habitent et produisent notre quotidien, lui donnent toute sa substance. Sans cesse, je veux leur rendre hommage, comme je veux rendre hommage à mes maîtres et professeurs : je leur dois tout ! Mes parents, tous les membres de ma famille étaient ouvriers de filature. Fier de cette origine, je suis définitivement des leurs. Ils allaient chaque jour à l’usine. Comme eux, chaque jour, je m’installe à mon poste de travail. Je suis un ouvrier des Lettres.

C’est aussi un roman qui traverse de riches décennies françaises, des années 1950 à 1980. Selon vous, le roman doit toujours inviter l’Histoire ?
Toujours, parce que l’Histoire est primordiale, aussi bien l’ancienne, celle d’hier, que celle qui s’écrit autour de nous en ce moment. L’Histoire nous traverse, nous façonne. Elle induit notre place dans la société et génère nos engagements. Elle fait de nous ce que nous sommes. Pour cette raison je peux presque dire que l’Histoire est le personnage central de mes romans, tous les autres tricotant leur vie dans ses mailles.

Quel est le plus beau compliment qu’un lecteur (ou lectrice) vous ait fait ?
Simplement quand on me dit : « J’ai aimé votre roman… » ou « Vous m’avez fait vibrer, parfois trembler de colère, pleurer d’émotion et de bonheur… » ou encore « J’ai appris beaucoup de choses en vous lisant ». Pour moi l’objectif est atteint, car écrire est une invitation au partage.

Quels sont vos auteurs préférés ?
Il y en a tellement ! Parmi les essentiels : Victor Hugo d’abord, qui recommande à chaque page de son œuvre, avec force, d’ouvrir une école plutôt qu’une prison. Tous ses romans et ses poèmes invitent à la reconnaissance des valeurs humaines fondamentales et de l’être. Autres auteurs que j’ai lus et relus : Cervantès, son Don Quichotte reçu pour prix de lecture à l’école primaire, Emile Zola, sa saga des Rougon-Macquart, Madame de La Fayette et sa Princesse de Clèves, Balzac, Maupassant… Parmi les contemporains, sans hésitation, Albert Camus pour son aptitude à transmuter l’apparente absurdité de notre condition en rébellion. J’aime beaucoup aussi Bernard Clavel, peut-être parce que, comme lui, je suis né dans une maison sans livres, Hortense Dufour pour sa passion du beau et du vrai, Noëlle Châtelet pour ses explorations des confins de la vie. J’avais une affection particulière doublée d’admiration définitive pour Régine Deforges et ses combats de libération.

Votre plus beau voyage littéraire ?
Un livre qui, voilà bien longtemps, m’a transporté en apesanteur sur le chemin de la Lumière : La Nuit des temps de René Barjavel. Inoubliable !

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