Accéder à la recherche
Logo des éditions Presses de la cité

QUESTIONNAIRE « LES PRESSES DE LA CITE » « A LA BELLE MARQUISE » DE GERARD GEORGES


Image de l'article QUESTIONNAIRE « LES PRESSES DE LA CITE » « A LA BELLE MARQUISE » DE GERARD GEORGES
Pour quelles raisons avez-vous voulu écrire ce nouveau roman… gourmand ?
 
Les raisons qui poussent un romancier à écrire telle histoire plutôt que telle autre sont souvent mystérieuses. J’avais déjà écrit deux romans (dont Le Poète de Bellevue, paru en 2014 aux Presses de la Cité) ayant pour cadre cette belle ville de Royat, tout près de Clermont-Ferrand, où je situe également A la Belle Marquise. En outre, très gourmand moi-même, je me suis dit que parler du chocolat, très bon pour la santé, ne pourrait qu’être bénéfique à la mienne !
 
A la Belle Marquise s’inspire d’une histoire en partie vraie. Quelle est la part de fictif et de réel ?
 
Ce roman est l’histoire de la famille Rouzaud qui, au xixe siècle, fonda cette entreprise chocolatière à l’enseigne connue dans la France entière. J’y ai ajouté un élément international en imaginant l’acquisition d’une cacaotière en Côte d’Ivoire. Le personnage de Gaétan, l’homme de confiance, n’est pas non plus totalement inventé puisqu’un certain Gaétan Narcat a été enseveli dans un éboulement alors qu’il était à la recherche d’un trésor ! Et c’est Auguste Rouzaud lui-même qui avait pris en main l’opération de sauvetage.
 
Comment avez-vous travaillé pour votre recherche et votre documentation sur la fabrique et le processus de fabrication du chocolat ?
 
Comme pour chaque roman, j’effectue de longues recherches aux Archives avant d’écrire la première ligne. Cela peut demander plusieurs mois, mais c’est un travail nécessaire si l’on veut être crédible et ne pas commettre d’anachronismes.
 
Qui sont les propriétaires d’A la Belle Marquise que vous décrivez avec beaucoup de tendresse et d’humanité ? Ainsi que Gaétan, leur fidèle collaborateur ?
 
Les modèles de M. et Mme Roussel du roman, ce sont Auguste et Clémentine Rouzaud (je n’ai pas changé leurs prénoms), elle fille de confiseurs, et lui ingénieur des Mines, d’origine très modeste. Quant à Gaétan, à partir de l’épisode de l’éboulement de la mine – très réel ! –, tout ce qui va lui arriver dans l’histoire est issu de mon imagination.
 
Quelques personnalités de l’époque ont marqué l’histoire d’A la Belle Marquise. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
 
J’aime bien planter un décor historique à mes romans et celui-ci n’y déroge pas. Dans A la Belle Marquise, on pourra apercevoir, à Vichy puis à Paris, le célèbre dramaturge Edmond Rostand, auteur de Cyrano de Bergerac, grand succès du théâtre de ces années qu’on a qualifiées de « Belle Epoque ».
 
A chacun de vos romans, vous évoquez un pan de l’histoire auvergnate, une tradition ou une personnalité locale. A l’instar du romancier Jean Anglade, vous ne quitterez pas l’Auvergne, votre terre d’inspiration ?
 
J’ai écrit essentiellement des romans auvergnats (comme mon maître et ami Jean Anglade), mais aussi foréziens (ma province de naissance). Dans A la Belle Marquise, on s’en va pourtant loin de mes terres de prédilection, à savoir jusqu’en Afrique (achat d’une cacaotière en Côte d’Ivoire). En dépaysant mes lecteurs, c’est aussi moi, amateur de voyages lointains, qui me dépayse.
 
Quelques questions autour de Gérard Georges
 
Avez-vous des rituels (gourmands ou pas) d’écriture ?
 
Mes rituels ne sont pas forcément gourmands. Pour écrire, il me faut un cadre : mon bureau. Entouré des livres de mes « Anciens » illustres sur les rayons de ma bibliothèque, je me sens en confiance. Ce sont eux qui me protègent et me poussent à tracer mon chemin dans ce monde un peu particulier de la littérature contemporaine.
 
Quels sont les auteurs qui ont le plus compté pour vous ?
 
J’aime à dire que Flaubert (celui de Madame Bovary ou d’Un cœur simple, est mon écrivain-phare. Autant je l’ai détesté lorsque, étudiant à la faculté de lettres, il me fallait plancher sur les problèmes de la perspective dans son œuvre, autant je le vénère aujourd’hui. Lisez – ou relisez – Madame Bovary  : si une œuvre est proche de la perfection stylistique, c’est bien celle-là.
Et puis il y a Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier. Quand je me replonge dans sa lecture, je redeviens l’adolescent que je regrette de ne plus être.
Dans le domaine de la poésie, je citerai Baudelaire (Les Fleurs du mal) et Apollinaire (Alcools).
 
Quel est le plus beau compliment qu’un lecteur vous ait fait ?
 
C’est une lectrice qui me l’a fait en m’avouant qu’elle aimait passer des nuits entières avec moi !!!! J’ai pensé qu’elle parlait de mes livres, bien sûr ! Et la tête de son mari à côté était si drôle ! J’en ris encore…