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Jean ANGLADE

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Jean ANGLADE


Biographie

« Je suis né par hasard à Thiers au pays des couteaux mais j'ai reçu mon âme de partout. »

Fils d'une servante et d'un ouvrier maçon – il n'a passé que « douze jours de bonheur », le temps d'une permission, avec son père, tombé sur le front de la Somme en septembre 1916, et ne conserve de lui qu'un paletot bleu que sa mère lui taille dans l'uniforme du chasseur alpin – Jean Anglade naît en 1915 à Escoutoux dans le Puy-de-Dôme, près de Thiers. Son oncle juge qu'il est fait pour étudier et l'inscrit au cours élémentaire, le collège des pauvres. Excellent élève, il reçoit une bourse. Il ira à l'Ecole normale d'instituteurs de Clermont-Ferrand.
Il épouse une institutrice ; le jeune ménage obtient un double poste dans le pays de Combrailles, en 1935. Ce plateau de granit à la limite de l'Allier, du Puy-de- Dôme et de la Creuse, découpé en gorges étroites, est un paysage qui l'enchante. 1936, il part deux ans dans le Sud-Ouest pour faire son service militaire à la base aérienne d'Aulnat, où il croise Saint-Exupéry. La région accueille de nombreux Espagnols qui s'exilent, fuyant la guerre civile. L'autodidacte qu'il est dans l'âme poursuit ses études jusqu'à l'agrégation d'italien. Il enseignera durant la plus grande partie de sa vie au lycée Blaise-
Pascal de Clermont-Ferrand. Il a trente-huit ans, en 1952, quand paraît son premier roman, Le Chien du Seigneur, l'histoire d'un prêtre-ouvrier qui exerce son ministère dans une usine de caoutchouc. Un sujet délicat pour l'époque. Le roman fait grand bruit. Henri Pourrat le complimente : « Je vous ai lu d'un trait... Vous êtes un romancier. » Ce roman le fera entrer, dit-il, « dans la république des lettres ». Dès lors, il publie un ou deux livres par an. Il écrit pendant ce qu'il nomme sa période bleue – en hommage à Picasso alors qu'il n'est encore que Pablo – des romans nés de sa fascination pour l'Italie, l'Allemagne ou encore l'Irlande :
Les Mauvais Pauvres, Les Convoités, La Combinazione, L'Immeuble Taub, Le Point de suspension... La Foi et la Montagne, dont l'action se situe aux Philippines, reçoit le prix des Libraires en 1962.
A l'époque, Jean Anglade dit se sentir étranger à sa région. Mais à la mort d'Henri Pourrat en 1959, on le presse de succéder au grand écrivain auvergnat. Après beaucoup d'hésitations, Jean Anglade se lance et, s'inspirant de la vie de sa tante Mathilde, il raconte « une histoire simple écrite en vingt-huit jours » : Une pomme oubliée. C'est le succès. L'adaptation télévisée du réalisateur
Jean-Paul Carrère, sur un scénario signé Jean Cosmos, reçoit le prix du Festival de Prague.

Jean Anglade va publier en soixante ans une centaine d'ouvrages. Et ce loin des feux de la capitale. Des romans bien sûr, dont la plupart ont été édités aux Presses de la Cité, mais aussi des biographies (Pascal l'insoumis...), des livres d'histoire (La Vie quotidienne des immigrés en France, La Vie quotidienne contemporaine en Italie), des essais, des livres d'humour (il a reçu pour Le Point de suspension le prix de l'Humour noir), des recueils de poésie, des pièces de théâtre, des traductions... Un album illustré, Aux sources de mes jours, raconte son histoire. Il a écrit jusqu'à peu tous les matins, dans son antre, un ancien garage qui lui sert de bureau et de bibliothèque, sur sa machine à écrire. Et publie chaque année un roman inédit. L'année de ses quatre-vingt dix-sept ans, il a participé à un téléfilm, A l'école de ma vie, qui raconte ses jeunes années, de sa naissance à sa première année d'instituteur. Un bel hommage à l'école de la République dans lequel on le voit chanter, raconter et réciter des poèmes en patois thiernois.
Le 18 mars 2015 Jean Anglade fêtait ses cent bougies.

Cent livres pour cent ans.
Et l'éternité pour la littérature.

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