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Mireille PLUCHARD

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Interview de Mireille Pluchard, auteur des Souffleurs de rêves



A l'occasion de la sortie de son dernier roman, Mireille Pluchard répond à nos questions 

Votre terre, les Cévennes, est une inépuisable source d’inspiration. A travers vos romans, c’est tout le patrimoine de cette région qui est mis à l’honneur. Ici, les souffleurs de verre. Quelle est l’origine de cet intérêt récurrent pour ce qui fait l’essence même de l’âme cévenole ?
 
Etre née en Cévennes, cela vous donne certainement plus de devoirs que de droits. Celui, au moins, de faire connaître ce terroir particulier, celui si possible de le faire aimer, de permettre d’aller au-delà de son aspect premier, parfois rébarbatif, jusqu’à ce qu’il a de plus lumineux et qu’il dissimule au premier abord.
Cévennes et Cévenols sont étroitement liés. A climat rude, caractère âpre ; à sol ingrat, travailleurs acharnés ; à terre secrète, âme discrète.
L’histoire de cette terre me passionne, celle de ses heures de gloire et de ses grandes souffrances, et plus je la fouille en profondeur, plus je la respecte et l’admire dans ce qu’elle a de naïf, de sincère, d’obstiné, de violent.
Pour autant, je reste lucide sur ses défauts, les Cévennes n’ont pas fait des êtres d’exception, seulement des hommes qui leur ressemblent.
 
C’est au travers des destinées des grandes familles que se dessinent vos romans. Une marque de fabrique en quelque sorte. Naissances, fiançailles, mariages… les rites de passage forgent l’avenir des dynasties. Pourquoi cette appétence pour les sagas ?
 
De toute époque, la famille, et plus largement le clan, a été, est encore j’espère, et sera toujours je le souhaite, un des piliers de nos sociétés, qu’elles soient matriarcales ou patriarcales.
Ne parle-t-on pas de familles pour désigner des corporations ? En fait, tout est basé sur cette construction pyramidale avec ses bons côtés et ses effets pervers.
La famille, en fait, c’est une micro-société, un micro-univers où un même sang véhicule une multitude de différences.
J’aime, dans mes romans, planter le décor des grandes familles pour ce qu’elles ont de structurant, de protecteur, mais aussi pour ce qu’elles peuvent avoir de castrateur, où l’amour est proche de la haine, où la jalousie s’octroie de droit de changer les destinées, comme dans Les Souffleurs de rêves.
  
 
Vos romans sont toujours fondés sur un socle historique très riche. La recherche documentaire semble indispensable à vos histoires. Etes-vous un vrai « rat de bibliothèque » ?
 
L’expression « rat de bibliothèque », que je revendique, colle parfaitement à ce grignotage dont je me délecte. Livres et documents d’archives, registres communaux, minutes notariales, mémoire vivante d’une région, d’un pays ne rebutent jamais ma boulimie et, comme mes congénères de la famille des muridés, je ne connais pas dans cette activité la moindre satiété.
Pour quoi faire, direz-vous, à votre âge ? Une façon pour moi, vous répondrai-je, de faire du sport, car, voyez-vous, les recherches sont de véritables jeux de piste dont on ne voit jamais la fin. Si, par ce biais, je peux enrichir mes connaissances personnelles et par ricochet en faire profiter mes lecteurs, alors oui, le jeu en vaut la chandelle... et c’est moins épuisant que de courir le marathon ! 

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