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Parution le 04 mai 2016
460 pages



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Entretien avec Françoise Bourdon autour de "La Maison du Cap"



Quel a été votre chemin vers l’écriture ? Qu’est-ce qui vous a conduite vers elle ?
J’ai toujours écrit (à partir du moment bien sûr où j’ai su lire et écrire).Vers six, sept ans, je « bâtissais » déjà des histoires. Cette notion de construction est importante pour moi car il faut que les faits s’emboîtent. Dévoreuse de livres, je désirais en écrire moi aussi. Dotée d’une imagination débordante, j’ai souvent inventé un destin à une simple inconnue croisée dans la rue.
 
Qu’est ce qui vous inspire le point de départ de vos histoires : un personnage, une anecdote rapportée, un fait historique, un lieu… ?
Cela peut être en effet une anecdote rapportée (les auteurs sont pour la plupart grands amateurs de faits divers), un fait historique ou un lieu qui me « parle » mais aussi une chanson, un poème…
 
Beaucoup de vos romans se situent entre la Première et la Seconde Guerre mondiale.
Qu’aimez-vous particulièrement raconter au travers de cette période ?  
J’ai été très marquée par les récits des témoins de ma famille, et plus ou moins consciemment j’ai le désir de laisser une trace de ce qui s’est passé. Je viens aussi d’une région d’invasion, les Ardennes, marquée par trois conflits (guerre de 1870, guerre de 1914, guerre de 1939-1945). Mes familles du Nord et de Reims ont tout perdu lors de ces invasions ou destructions. Il ne faut pas oublier que Reims a été détruite à plus de 80 % pendant la Première Guerre mondiale.
J’aime aussi l’idée de faire passer une notion de résilience. 
 
Vos romans sont toujours portés par de beaux personnages féminins qui se battent pour leur émancipation, pour leur liberté, pour leur passion.
Vous considérez vous comme un écrivain féministe ?
Ce doit être inscrit dans mes gènes ! Mes deux grand-mères, par exemple, étaient des femmes de caractère qui avaient traversé deux guerres.
Je ne sais pas si je suis féministe, dans le sens où je ne me reconnais pas dans certains comportements, mais attachée à la liberté, à l’indépendance des femmes : oui, mille fois oui ! Je pars d’ailleurs du principe que chaque période de crise, économique, sociale ou autre, risque d’entraîner une perte d’indépendance pour les femmes. En période d’augmentation du taux de chômage, par exemple, on a tendance à vouloir les renvoyer dans leur foyer ! Le retour du sentiment religieux remet en cause leurs acquis (le droit à l’IVG notamment). Il nous faut être vigilantes, ne rien céder.
 
Avec l’expérience (après avoir publié plus d’une quinzaine de romans), éprouvez-vous de plus en plus de liberté et de plaisir à écrire ou bien vivez-vous ce long et solitaire travail de création avec davantage de pression ?
Plus de liberté et de plaisir, oui, car je sais mieux où je veux aller.
Cependant, la pression est là, et je me la mets moi-même !
Chaque roman constitue un nouveau défi.
 
Après les Ardennes, puis la Provence, le bassin d’Arcachon a inspiré le décor de votre nouveau roman, La Maison du Cap. Pour quelles raisons avez-vous souhaité écrire sur cette région ? 
 J’ai suivi mon désir en écrivant sur le bassin d’Arcachon.
C’était le lieu de vacances de mon enfance, redécouvert il y a plusieurs années.
Comme toujours, l’histoire de ce coin de France m’a passionnée. J’ai effectué des recherches. Et tout est venu très naturellement. L’intrigue, les personnages se sont imposés à moi.
 
Cinq « fortes » héroïnes s’entrecroisent dans ce nouveau roman. Avez-vous une tendresse particulière pour l’une d’entre elles ? Pourquoi ?
J’éprouve beaucoup de tendresse pour chacune de mes héroïnes car elles incarnent différentes facettes du caractère féminin. Cependant, Charlotte est la plus proche de moi par son côté artiste et une certaine sérénité passé la cinquantaine, chèrement conquise.
 
Enfin, que souhaiteriez-vous transmettre à vos lecteurs et lectrices à travers vos généreuses sagas ? Que souhaiteriez-vous qu’ils retiennent de vos romans ?
Je souhaiterais transmettre à mes lecteurs des histoires de famille avec leurs secrets, leurs drames, leurs bonheurs. Des histoires dans lesquelles chacun peut se reconnaître. 
Désir aussi de transmettre une certaine philosophie de la vie, avec une pincée d’espoir. Rien n’est jamais joué, il faut se battre, toujours.
Je désirerais qu’ils retiennent de mes romans cette combativité, cette passion mais aussi une certaine bienveillance. Ne pas abdiquer, ne pas juger, rester attentif à autrui.
Une leçon de tolérance en quelque sorte...

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