Accéder à la recherche
Logo des éditions Presses de la cité

Lire un extrait


Parution le 16 février 2017
384 pages


Partager cette page

Interview Geneviève Senger autour de son nouveau roman Le Roman d’Elsa



Pouvez-vous nous présenter la jeune Elsa Samuelson au tout début de votre roman ?
Au tout début, Elsa ne sait pas ce qu’elle veut faire de sa vie, sinon échapper à sa condition de jeune fille destinée au mariage. La tuberculose de Fanny, qui l’a élevée, sera un déclencheur…
 
La vocation d’Elsa pour la médecine vient d’une blessure profonde, mais aussi d’une réalité dramatique. Quels risques couraient les futures mères en France au début du xxe siècle ?
La fièvre puerpérale faisait des ravages, surtout dans les hôpitaux, comme l’avait bien vu le docteur Semmelweis, à Vienne. On ne croyait pas, jusqu’à Pasteur, à la théorie des germes, et l’évolution des mentalités a été longue. Aujourd’hui cette théorie des germes s’impose comme une évidence. Mais c’était, au milieu du xixe siècle, et Semmelweis en est mort de chagrin, un sujet de moquerie, tant on trouvait la chose risible ! Et, en 1900, l’époque du Roman d’Elsa, on ne connaissait pas encore les antibiotiques, et on restait très démuni face aux infections.
 
Comment vous-êtes vous documentée sur la médecine de l’époque ? Sur l’Hôtel-Dieu en particulier ?
Sur Internet, notamment sur le site de la Bibliothèque nationale, Gallica, et grâce à des documents comme Les Filles d’Esculape du docteur Constance Joël, qui raconte la conquête du pouvoir médical par les femmes… mais la liste est longue…
 
Elsa, parce qu’elle est femme, doit se battre pour devenir médecin. Quel sera le prix de sa liberté ?
Elle renonce tout d’abord à sa vie de femme, d’épouse, de mère potentielle, pour se consacrer à ses études, rompant définitivement avec le sort des filles de son milieu. Mais elle n’est pas la seule, puisqu’elle rencontre Gretchen, une jeune aristocrate allemande qui veut devenir médecin, elle aussi…  
 
Autour de votre héroïne gravitent aussi deux hommes aux univers très différents. Qui sont Théo Dupin et Adrien de Longeville ?
Théo vient du peuple, et s’est battu pour faire des études et devenir typographe, appartenir à la prestigieuse Fédération française des travailleurs du livre. Adrien, lui, est un aristocrate normand, né dans le château familial. Théo est un homme joyeux, Adrien est plus sombre, comme s’il portait tout le poids d’un lourd passé… ce qui est d’ailleurs le cas !
 
Le Roman d’Elsa aborde le thème de la famille, et des secrets qu’elle renferme. C’est un sujet qui vous inspire ?
Evidemment ! Toutes les familles ont sinon des secrets du moins des non-dits, des silences, des zones d’ombre. Ce n’est ni bien ni mal, seulement inhérent à la nature humaine qui sans doute ne supporte pas la transparence absolue, ni la perfection ! Ecrire est une quête de la vérité, mais celle-ci est tellement multiple, souvent insaisissable, elle glisse et s’échappe… Elsa et Adrien, eux, vont devoir affronter le secret des Longeville, un beau secret d’ailleurs puisqu’il s’agit d’un enfant merveilleux… Mais il y a aussi l’ombre lourde de la jeune morte… Cependant, une fois ces silences rompus, la vie se fera plus légère.
 

Autour de l’auteur Geneviève Senger
 
Avez-vous des rituels d’écriture ?
Le matin, avec mon bol de café à côté de moi, je plonge dans la matière blanche de l’écran, et j’essaie de lui donner forme. C’est une sorte d’histoire d’amour avec les autres, avec le monde, à travers la surface uniforme de l’ordinateur. Très étrange, je l’avoue.
 
Quel est le plus beau compliment qu’un(e) lecteur (trice) vous ai fait ?
A mon premier salon du livre, à la sortie de mon premier roman, une dame vient vers moi en souriant et me dit : “J’ai lu votre Cigogneau après vous avoir vue et entendue à la télé, et je ne peux que vous dire une chose, surtout continuez à écrire ! ”
Je n’ai jamais oublié.
 
Quels romans vous ont le plus marquée ?
J’ai passé mes vertes années avec Stefan Zweig, Herman Hesse, et tant d’autres auteurs de culture germanique dont Thomas Mann et ses Buddenbrook. Et le xixe siècle français, avec Zola et Maupassant… et les Américains et leurs fresques, les grandes sagas… La liste est longue. Ce qui est sûr, c’est que toute enfant j’aimais déjà tellement les livres que j’aurais voulu être dedans. 

Du même auteur


Vous aimerez aussi


 
  • Couverture de l'ouvrage Les Trois Chats de Chamasson
  • Couverture de l'ouvrage Sur les cendres des ronces (TF)
  • Couverture de l'ouvrage Trois femmes en noir
  • Couverture de l'ouvrage Les Amants de Maulnes
 
Ils en parlentTout voir Les médias
"Mon avis : ***
Une très belle histoire, très intense et très touchante...
Un très beau roman sur une...
Les Choniques de Madoka
+
Déposer un commentaire +