C’est en parcourant des articles de presse sur Internet que Michael White a eu vent d’un sinistre fait divers : des meurtres en Allemagne mettant en scène des rituels sataniques. Ses recherches lui ont révélé l’existence d’autres crimes similaires à travers l’Europe, suivant le même mode opératoire. Interpellé par de telles pratiques, Michael White s’est demandé ce qui avait bien pu motiver ces atrocités. Son imagination s’est alors mise en marche, et l’auteur a commencé à tisser sa trame narrative autour de figures historiques et de thèmes lui tenant à cœur.
Fasciné depuis des années par la personnalité complexe de sir Isaac Newton, White a choisi d’en faire le héros en creux de son roman. En France, on ne connaît pas grand-chose de Newton, si ce n’est qu’il aurait découvert la loi de l’attraction universelle quand une pomme lui est tombée sur la tête. Mais qui se souvient de ses activités d’alchimiste ? Michael White, qui lui a consacré une monographie de référence intitulée The Last Sorcerer, expose dans Equinoxe sa vision très personnelle du scientifique, qu’il décrit comme un sociopathe égocentrique et monomaniaque prêt à tout pour percer les secrets du grand œuvre. L’auteur admet qu’il est impossible de savoir comment Newton et ses comparses auraient réellement agi s’ils avaient eu la possibilité de trouver l’élixir de vie. Mais il s’est appuyé sur quinze années de recherches sur le XVIIe siècle anglais ainsi que sur des documents originaux écrits par Newton, Boyle ou bien encore Hooke pour donner vie à ce petit monde fascinant et le rendre plausible.
Equinoxe regorge d’exemples de ce va-et-vient entre faits historiques et imagination. Ainsi, l’Ordre du Sphinx noir, qui joue un rôle prépondérant dans l’intrigue, est une création, mais s’inspire de sociétés secrètes ayant bel et bien existé, comme les francs-maçons et les Templiers. Les lieux évoqués dans le roman sont eux aussi un savant mélange de réalité et de fantaisie. Michael White connaît Oxford sur le bout des doigts pour y avoir vécu une quinzaine d’années, et l’histoire de la ville est suffisamment riche et mouvementée pour alimenter l’intrigue en anecdotes. D’ailleurs, la plupart des lieux mentionnés dans Equinoxe, comme le labyrinthe de souterrains ou bien le Bear Inn, l’un des plus vieux pubs de la région, existent vraiment. Mais White admet avoir ajouté certains détails pour les besoins de son roman. Le Trill Mill Stream, ce cours d’eau traversant la ville, n’est pas une invention ; en revanche, il ne recèle aucun passage secret vers les souterrains d’Oxford…
Oscillant sans cesse entre réalité et travail de l’imagination, Equinoxe mêle subtilement science, histoire et occultisme, et apportera au lecteur plus d’une révélation surprenante sur la quête de la pierre philosophale.</p>