L’Italien Mattia Signorini est né en 1980. La Symphonie du temps qui passe, son deuxième roman, a été salué de façon unanime par la presse italienne. Dans une interview réalisée par infinitestorie.it, Mattia Signorini revient sur la naissance sa Symphonie. |
Entretien.
Comment vous est venue l’idée de La Symphonie du temps qui passe ?
J’avais cette image en tête depuis de nombreuses années : un enfant naît dans une petite ville que personne ne connaît, où peu de gens arrivent et d’où personne ne réussit jamais à partir. Une ville où tout se déroule plus lentement, y compris le temps. C’est de là, de Tranquillity, qu’est né ce qui est devenu ensuite un voyage parfois magique à travers le XXe siècle.
Que signifie le titre de votre roman ?
Chacun a tendance à se considérer comme son propre point de référence et la mesure de toute chose. Or il ne faut pas oublier qu’il est possible de communiquer avec ce qui nous entoure. C’est en étant attentif à ce qui vit en dehors de nous que nous pouvons entendre la symphonie des respirations, des voix, des existences qui ont traversé le siècle.
Green Talbot, le personnage principal de votre roman, est témoin des moments importants du XXe siècle. Comment avez-vous choisi ceux que vous racontez ?
Je me suis replongé dans les livres d’histoire et les essais consacrés au XXe siècle. Je souhaitais évoquer les événements les plus marquants, tout en essayant de les réinventer à travers le regard de Green Talbot et celui des personnes qu’il rencontre. Ainsi l’Amérique de la Grande Dépression est symbolisée par les négociations des frères Smith, les propriétaires de la plus grande agence immobilière de New York. Il y a aussi le débarquement en Normandie : les soldats qui ont traversé l’océan en croyant que la guerre allait être une fête. Arrivés sur les plages françaises, c’est plutôt au rythme des projectiles et des boulets de canons qu’ils ont dansé.
Est-ce que le thème du voyage a une signification particulière pour vous ?
Le voyage d’un individu, qu’il soit physique ou spirituel, est un changement continu qui pousse à se redéfinir en permanence et à remettre en question ses certitudes. C’est un processus d’amélioration de soi qui nécessite la curiosité et l’écoute. Il est indispensable pour comprendre le monde.
Qui est Green Talbot ?
Green est une personne qui, justement, essaie d’entendre le monde qui l’entoure. A la manière d’un enfant, il observe chaque chose comme si c’était la première fois qu’il la découvrait. C’est ainsi qu’il parvient à communiquer avec les hommes et les animaux, à effacer la distance qui sépare les êtres et les condamne à la solitude. |