Entretien : Caroline Collet l Illustrations : © Presses de la Cité / Nathalie de Broc
L’histoire de votre dernier roman, Fleur de Sable, débute en Bretagne, à Douarnenez, avec pour toile de fond le monde de la pêche dans les années 1950. Mais ce livre est avant tout une histoire de rêves, d’amitiés, d’amours... Expliquez-nous comment a germé l’idée du sujet de Fleur de Sable.
Lors d’une dédicace à Douarnenez, j’ai fait la connaissance d’un charpentier de marine qui construisait, pour une association, un langoustier semblable à ceux des années 1950. Il m’a proposé de venir voir ce langoustier, ce que j’ai fait, et mon envie d’écrire ce livre est partie de là. C’est aussi l’envie des voyages qui m’a poussée à écrire sur ce sujet, car qui dit langoustier dit Mauritanie !
Ce livre est une invitation aux voyages que vous-même avez faits ? Expliquez-nous comment on part en « repérage » pour un livre.
Je ne sais raconter que ce que j’ai vu, j’ai besoin de sentir, goûter les choses pour en parler. J’ai besoin d’être sur le lieu pour le retranscrire. Et puis j’aime voyager, j’avais très envie de connaître le désert et de voyager sur la Jeanne-d’Arc, je me suis dit que c’était une occasion extraordinaire.
Christian, le personnage principal de votre livre, s’engage dans la marine et embarque sur la Jeanne- d’Arc, le navire-école, racontez-nous votre formidable voyage à bord de ce navire.
J’ai eu la chance d’être invitée sur la Jeanne-d’Arc, qui plus est pour son dernier voyage. Une occasion comme celle-là, franchement, ça ne se refuse pas ! Et puis mon grand-père avait embarqué sur la Jeanne, enfin pas celle-ci, l’ancienne, c’était donc aussi très symbolique pour moi, une manière de le saluer.
Pendant le trajet New York - Québec, j’ai suivi tout ce qu’a pu faire mon héros, on m’a tout montré de long en large, huit jours d’immersion totale ! J’ai vécu le quotidien des élèves officiers et de tout l’équipage. C’est une expérience incroyable de voyager à bord d’un navire comme celui-ci. Je peux vous dire passer devant la statue de la Liberté avec les hélicos qui nous survolent et les officiers au garde-à-vous, ça fait quelque chose !
Comment avez-vous réussi à vous faire inviter sur la Jeanne ?
J’ai tout simplement écrit un courrier expliquant mon projet de livre, et ma demande a été acceptée. Il faut savoir qu’à chaque voyage la Jeanne embarquait quelques invités parmi les 650 personnes présentes à bord.
Une partie de votre livre se passe en Mauritanie et plus particulièrement dans le désert. Vous aussi avez joué les nomades et dormi sous la tente. Racontez-nous l’inoubliable expérience que vous avez vécue.
J’ai lu beaucoup de livres et de guides sur la Mauritanie, mais une question m’a toujours taraudée à laquelle personne n’a jamais su me répondre… Je voulais savoir quelle était l’odeur du désert… eh bien j’ai eu ma réponse : ça ne sent rien ! En revanche, on en prend plein les yeux, les paysages sont magnifiques. Je suis partie pendant dix jours, j’ai dormi sous la tente et j’ai vraiment vécu à la place de Christian. J’ai d’ailleurs eu les mêmes interrogations que lui car la notion d’espace-temps dans le désert est complètement remise en cause.
Dans quelles conditions avez-vous découvert la Mauritanie ?
C’est encore grâce à une rencontre : c’est le conseiller de pêche du Parc national du Banc d’Arguin qui m’a invitée, il a une culture fabuleuse et m’a expliqué beaucoup de choses sur cette zone protégée par le gouvernement mauritanien. J’ai pu voir la vie des pêcheurs et partir dormir dans le désert. Cet homme est d’ailleurs breton et connaît Douarnenez.