L’année 2007 fut marquée par le succès retentissant du film Into the Wild, réalisé par Sean Penn, une magnifique adaptation cinématographique de Voyage au bout de la solitude. Cet immense best-seller, publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1996, retrace la vie d’un jeune étudiant qui abandonna la civilisation pour un retour à la vie sauvage. La même année, Jon Krakauer écrivit un autre récit tout aussi véridique et profond que le premier, mais cette fois en s’appuyant sur sa propre expérience. Tragédie à l’Everest revient en effet sur le déroulement tragique d’une expédition himalayenne à laquelle l’auteur participa au printemps 1996.
Jon Krakauer est fou de montagne depuis son plus jeune âge – une passion qu’il tient de son père – et consacre tout son temps libre à l’alpinisme. En 1977, il prit part à une expédition en Alaska et gravit la chaîne volcanique Sitkine. Quelques années plus tard, en 1992, il franchit la face ouest du Cerro Torre en Patagonie. C’est pourquoi, en mai 1996, lorsque le magazine Outside lui proposa de réaliser son rêve, gravir le plus haut sommet du monde, Jon Krakauer n’hésita pas une seconde.
Cependant, ce qui devait être un exploit et une aventure hors du commun tourna au cauchemar. Jon Krakauer atteignit le sommet le 10 mai 1996 en début d’après-midi. Il n’avait pas dormi depuis plus de cinquante-sept heures et titubait à cause du manque d’oxygène. Peu de temps après, alors qu’il s’apprêtait à redescendre, quatre expéditions furent prises dans une violente tempête. En vingt-quatre heures, huit alpinistes, dont deux guides chevronnés, trouvèrent la mort.
Ce drame bouleversa profondément Jon Krakauer, qui chercha à en analyser les causes en retraçant minutieusement les événements dans Tragédie à l’Everest. Au fil de son récit, dont l’écriture a sans nul doute eu des vertus cathartiques pour lui, Krakauer cherche à comprendre pourquoi la montagne exerce un tel attrait sur les hommes et quelles raisons poussent tant d’alpinistes – dont il fait partie – à se mettre en danger.
Mais Tragédie à l’Everest ne s’adresse pas uniquement à un public de montagnards avertis. Into the wild et Tragédie à l’Everest sont en fait traversés par le même questionnement : Jon Krakauer y propose une réflexion à portée universelle sur la liberté, sur la volonté de se dépasser et d’atteindre ses idéaux, en conscience ou avec déraison. </p>