Comment vous est venue l’idée du personnage de David Spandau, ancien cascadeur devenu détective privé ?
La plupart des cascadeurs que j’ai rencontrés sont des gens simples et directs. L’idée de jouer sur le contraste entre Spandau, le détective privé carré, un peu cow-boy, qui veut juste faire son boulot et la bêtise hollywoodienne me plaisait beaucoup.
Peut-on vous décrire comme un cow-boy macho ?
J’ai grandi dans le Kentucky. Là-bas, les gens sont obsédés par les chevaux, alors le côté cow-boy était plus ou moins inévitable. Je n’ai jamais été assez fou pour pratiquer le rodéo, mais j’ai déjà été mis K.-O. à la boxe, je me suis cassé une épaule en jouant au football américain, déplacé une cervicale à l’escalade et brisé la jambe à moto. Est-ce que cela fait de moi un macho ? Je pense surtout que toutes ces expériences devraient m’encourager à me mettre à la broderie !
Pourquoi la ville de Los Angeles est-elle un si bon décor pour les polars ?
Los Angeles est peut-être la conclusion logique du rêve américain. La seule chose qu’il reste à y faire, c’est boire. La ville est un amalgame étrange de beauté et de laideur – une laideur devenue quasi mythique.
Un bon polar tient-il à l’intrigue ou bien aux personnages ?
Aux personnages. Je pense qu’il s’agit d’une opinion partagée par la plupart des auteurs de romans policiers américains.
Est-il plus simple d’écrire des scénarios ou bien des romans ?
D’un point de vue technique, les scénarios sont plus simples mais conduisent droit à l’asile. On n’écrit pas un scénario, mais une suite incalculable de brouillons. Pour survivre, mieux vaut avoir une carapace solide. En contrepartie, on rencontre souvent des gens talentueux. Et on mange dans de très bons restaurants ! Le romancier, quant à lui, reste seul, assis derrière son bureau du matin au soir. De quoi devenir fou aussi !
Avoir pour frère Johnny Depp, est-ce plutôt un avantage ou un inconvénient ?
Cela m’a ouvert quelques portes, mais pas forcément les bonnes. Je ne compte plus le nombre de fois où des producteurs m’ont contacté soi-disant pour en savoir plus sur un de mes scénarios, alors qu’en réalité ils souhaitaient entrer en contact avec Johnny. Ce n’est pas la faute de mon frère – il est d’ailleurs le premier à m’encourager dans mon travail. Lorsque j’ai trouvé un éditeur, il a été encore plus heureux que moi !
Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Je suis en train de terminer mon second roman, Babylon Nights, dans lequel on retrouve David Spandau. Ce livre raconte l’histoire d’une actrice d’un certain âge victime d’un psychopathe qui la suit de Los Angeles au festival de Cannes. Cannes étant la rencontre improbable d’une orgie romaine et de Disneyland, je m’amuse beaucoup…